Le Bleurg

10 mars 2009

A se relire la prétention ronge les doigts plonge ses mâchoires narcissiques dans les entrailles pour mieux en régurgiter les chapelets obsessionnels des pèlerinages de la trachée furieuse et rayonnée / tous ces meurtres avortés / qui n’en sont pas qu’on laisse enfoncés derrière les barres d’écritures quand la main peine à répandre mes remontées fécales / si pauvre langue réduite à la cendre des silences sur l’horizon affamé des formules définitives / toujours re-putées sur les trottoirs de papiers / contre lesquels se répandre à toutes les personnes du singulier engendre les mêmes mirage obèse qui racolent sur la e gras des rivages échoués loin de toute allusion liquide où dégoulinent sous une lenteur pharaonique les mensonges surabondants derrière lesquels se cacher constitue le gagne-pain /chronique autant que superciellement aléatoire / des chiens jaunes de l’orgueil. Une saison de sables et de cendres.

Des rivières de graviers qui charrient de maux écartelés entre les misérables miracles stériles aux charognes qui se disputent les colliers d’amertumes sur le ventre de la feuille déchirée à tire d’ailes de couteaux rouillés en pleine débâcle vers les geôles des silences capitonnées aux viandes noueuses / sans personne à qui pardonner  / ni la caresse du canon à contenter / juste les décennies de chairs à descendre les foules processionnelles  / qu’il faut rincer sur le fil du rasoir d’un lexique à l’index dressé en travers de la gorge.

Je se vomit du plus profond souvenir de ses fanges de son écriture / à prostituer chacun de ses noeuds répandus dans les ornières vôtives du nombril écartelé de la pointe au matin du désastre  sous la robe molle des nuits qui déhanchent une par une chacune de ses étoiles pour repaître les réveils déportés entre les draps poisseux des cauchemars / au milieu des listes de courses déjà faites /quand l’horizon enfonce de biais ses coins dans la gueule à coups réveils ponctués d’avortements  /à peine laborieux les viscère au garde-à-vous /pourquoi vous quand tous mes mots sont impuissants à arrondir les angles.

Je ne sait pas si cela à valeur thérapeutique, mais l’inspiration prends comme une envie de chier : on n’attends pas de n’avoir plus besoin pour aller aux chiottes. Je n’est pas sûr de s’en foutre ni d’avoir envie de connaître la réponse.

Je est sur son porpore domaine et se réserve le droit à la censure, celle qu’on impose à autrui. Ce ci est ma tournée de lacher de pipi pour délimiter l’étendue d’un territoire exploratoire. Le tour du proprio, quoi.

Un épilogue

23 février 2009

Les manteaux d’heures
à croire aux lendemains
froids comme seule
la tristesse peut meubler
ces prières qu’on dégorge
entre les plissures
des chairs calcifiées
du visage qui s’ignore
tout ce temps à répondre
qu’il est trop tard
dans le lit des questions
qui ne se posent pas

Quelqu’un se tait

22 février 2009

Les heures aux lenteurs cruciformes
L’écume froide sur le front du matin
Le microcosme des bulles de misères
Le coeur se délite à la première personne.

Le ventre creusé au ravalement
Les graviers à la selle de la bouche
Toutes les chasses d’eau enclavées
La gorge s’en retourne à sa sécheresse.

Chaque mot au retrait de mes bordures
La langue râpée contre le chant des murs
Les noeuds coulants des cordes vocales
Il est trop tard pour s’écraser du point.

Trahison du sommeil

21 février 2009

Le coeur de pierre fendue
Des heures qui comptent double
Sans attendre de demain
Qu’il soit un autre jour
Le ventre rassi de chaque repas
Le silence dur
Entre les plis de colères
Des nuits sans trêve
Ces songes sans promesse
Cette ombre à peine aperçue
Pourtant gravée sur le réveil
Quand du fond de ses yeux
Tous mes jours déshabillés
Tous mes sommeils mis à nus.

Poésie

20 février 2009

Jouer sur la pomme de discorde.
Celle d’Adam qui déglutit
à s’en râper la glotte
à s’en faire tomber les dents
en longues chapelles de viscères.

***

La mémoire est vive
au-dessus des bras morts.
Pourquoi les bras quand les yeux
se re-/dé-/*tournent
vers (non-sifié – faut-il le rat pelé ?)
l’intérieur approximatif ?

La peste bien sûre.
Le drapeau noire de la peste
des mots qui se gangrènent.
Creusent leurs failles grammaticales.
Extrudent les plis sémantiques.
La syntaxe déjetée
sur la lie : ma poésie.